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Sinner’s Day: lundi

par François Zappa

Au dernier jour du Sinner’s Day, on doit bien avouer que la fatigue commençait à pointer le bout de son nez. Toutefois, les nombreux concerts des deux journées précédentes en valaient largement la peine. Le matin, l’un de nos musiciens préférés, l’incomparable Jean-Marc Lederman, nous a fait profiter de sa précieuse aide en apportant peu d’humour à mes notes. En cette ultime journée, la variété stylistique des groupes présentés était bien plus grande, et nous n’avons pas forcément réussi à nous mettre dans l’ambiance de tous les concerts.

Photos : Patrice Hoerner

Jah Wobble

Le Britannique Jah Wobble est devenu célèbre grâce à son travail de bassiste dans les premiers albums des fabuleux PIL. Après avoir quitté le groupe, il a publié d’innombrables albums dans toutes sortes de styles, et s’est toujours entouré des meilleurs musiciens, de Brian Eno à Bill Laswell en passant par Diamanda Galas ainsi que les ex-Can Jaki Liebezeit et Holger Czukay. Sur scène, il se produit avec trois musiciens, et alterne le chant avec le batteur. Il a fait un petit clin d’œil au groupe qui l’a rendu célèbre avec une curieuse reprise de « Public Image » et de « Poptones », la chanson où sa basse se démarque le plus. Il a également interprété quelques-uns de ses propres succès comme « Becoming More Like God », le meilleur dub (avec quelques notes jazzy), ainsi que quelques solos, nous montrant que le jazz fusion n’est pas forcément une mauvaise chose. Était-ce un bon concert ? Je dirais que oui, mais je dois avouer que je ne suis pas très objectif, car je fais partie des fans de Jah Wobble.

Twin Tribes

Le duo texan de darkwave Twin Tribes est sans aucun doute l’un des plus prometteurs du moment. On tient à vous rappeler que c’est un label espagnol, Dead Wax, appartenant à notre ami Nico, qui a publié leur première référence. Ils ont montré qu’ils avaient une bonne poignée de tubes, du puissant « Shadow », en passant par « The Vessel », « Heart and Feathers », « The River » (l’un de leurs meilleurs morceaux) « Portal into the void », « Tower of Glass », « VII » ou « Ghosts ». Ils nous ont convaincus.

O Veux

C’est la seule représentation que nous n’avons pas pu voir dans son intégralité. Ce quintet a ouvert la scène belge avec son rock puissant.

Gene Loves Jezebel

Si on est un gothique qui a grandi dans les années 80, assister à un concert de Gene Loves Jezebel fait partie de la liste de choses à faire au moins une fois dans sa vie. Le groupe de Jay Aston est apparu sur la scène principale dans son format habituel de quartet, et nous a proposé un bilan de carrière. Ils ont commencé en puissance avec « Twenty Killer Hurts », « Sweet Pain », l’émotionnel « How Do You Say Goodbye (To Someone You Love) (de Dance Underwater), « Flying », « Cow », le rock n roll de « Jealous », « Motion of Love » (un autre des meilleurs moments du festival) et le final tant attendu « Desire ». Peu après, on a eu l’occasion de saluer Jay, qui a réussi à conserver le look et le charisme qu’il affichait dans les années 80.

Dead High Wire

Dead High Wire est un jeune trio de rock gothique/post-punk belge qui a fait ses débuts en 2018 avec Pray For Us dont ils ont joué la chanson titre. Cette année, ils ont sorti quelques singles, dont un intitulé « Hide ». Vous pouvez trouver une vidéo de ce titre sur YouTube, où l’on nous voit en train de manger au premier plan. Ils ont fait preuve de l’intensité attendue de ce genre de groupe et dans l’ensemble, on a apprécié leur prestation.

She Past Away

Peu importe combien de fois je vois le groupe darkwave She Past Away, je crois que je n’arriverai jamais à apprendre les noms de leurs chansons. C’est ça, de chanter en turc. Malgré cela, on m’a soufflé à l’oreillette qu’ils ont joué « Asimilasyon », « Ritüel » et le tube « Disko Anksiyete ». Le public était nombreux, et comme à leur habitude, ils ont donné un bon concert.

Solitude Within

Si l’on considère que le style d’Epica/Nigthwish est aussi éloigné que possible de mes goûts, j’admets que le quintette de métal symphonique belge Solitude Within ne s’est pas mal débrouillé du tout. Ce jeune groupe belge au caractère bien trempé, où la chanteuse effectue un travail pour le moins remarquable, a interprété des chansons de son album de 2017 Disappear comme la chanson titre et « Fade Away ».

Then Jerico

Lorsque j’avais 17-18 ans, l’un de mes amis me passait beaucoup de pop commerciale des années 80 et me parlait sans arrêt de Then Jerico. Bien qu’au cours de ces années il m’ait fait écouter du matériel d’artistes à la valeur artistique douteuse comme Sandra ou Chesney Hawkes, je n’avais finalement jamais eu l’occasion d’écouter les disques du groupe anglais. Dommage, car j’aurais apprécié leur pop commerciale, accrocheuse et de qualité. En live, le chanteur Mark Shaw est un incroyable showman qui nous a divertis pendant tout le concert. Ils nous ont régalés de « Helpless », « What does it take ? », « Muscle Deep », toujours interprétées avec attitude, énergie et fraîcheur avant de continuer sur « Darkest Hour », un morceau lent où le chanteur a pu se mettre en valeur, le tube « Big Area », « The Motive » et « Reeling ». Beaucoup mieux que prévu.

Frozen Nation

Le nom de ce groupe belge, Frozen Nation pourrait décrire l’état du public qui, après deux longues journées de festival, commençait à ressentir le froid et la fatigue. Au moins, ce groupe amusant et ses airs dansants a réussi à nous réchauffer un peu. Ils ont joué des compositions de leur album Dark Belgian Disco dont le titre les définit parfaitement. Après « The Last Fight of Hector », nous avons pu écouter la chanson titre, une reprise de « The Model », « I Failed for you », et « Give Me the Perfect Song », une de leurs meilleures compositions. Le concert s’est sans aucun doute amélioré au fil du temps.

UK Subs

Sans être particulièrement fan des UK Subs, je les ai vus en concert plusieurs fois, et j’ai toujours apprécié leur performance. En entrant sur scène, ils ont joué une setlist qu’ils manient à la perfection, où se démarquent certains morceaux, comme « Warhead », « Riot » et les classiques « Stranglehold » et « Down in the farm ». Infaillibles.

AstraSonic

Nous avons interviewé AstraSonic il y a quelques années, et en septembre, on a fait la connaissance du bassiste, qui nous a offert leur premier album intitulé Passagers. L’album, que j’avais écouté plusieurs fois en vue de l’interview, m’avait agréablement surpris et j’avais hâte de voir à quoi ressemblait le quatuor belge en live. Ils ont interprété « Hollow », une nouvelle chanson intitulée « When Angel Cries », « Precious Silence » avec son atmosphère merveilleuse, ou encore l’incroyable « Sunset ».  Dans l’ensemble, un bon concert d’un groupe qu’on vous recommande chaudement.

La Muerte

La Muerte est à l’origine d’une autre des meilleures performances live du festival et probablement de la meilleure de la journée. On a eu droit à des cris, des guitares, du son saturé et des séries B en abondance. Le quintet s’est présenté avec des croix inversées de part et d’autre de la scène. Quant à Marc Du Marais, il est resté masqué pendant tout le concert. Un véritable rouleau compresseur. Si on devait choisir notre morceau préféré : « She did it for lust » et sa vidéo de bondage. Incroyables.

Ground Nero

Ground Nero est un groupe de rock gothique bien connu en Belgique. Cette fois-ci ils se sont présentés avec un nouveau chanteur, qui n’est autre que Mark Sayles de Mark E. Moon. Honnêtement, on connaît mieux le groupe de l’île de Man que les Belges et on attendait le concert avec impatience. Nous avons eu droit à un superbe concert, avec un moment incroyablement émouvant, où le chanteur a dédié « In the Blood » à son frère, qui était à l’hôpital. Le groupe a conclu sur « Heaven Sent ». Dans l’ensemble, on a adoré le résultat.

Wildhoney

Nous profitons de la performance de DJ Wildhoney pour vous en dire plus sur la Batcave. Habituellement, la Batcave se présente sous forme de tente ou chapiteau, et sert de piste de danse lorsque l’un des groupes qui se produit n’est pas à votre goût. Cependant, la dévotion ressentie dans le pays pour les sons dark est telle que beaucoup de personnes viennent au festival expressément pour passer leur journée dans la Batcave, nous a révélé le DJ. À cette occasion, les djs devaient jouer dans une caravane et la piste de danse était réduite au minimum, alors que lors du Sinner’s Day Special, ils disposaient d’une grande scène sous un chapiteau. Malgré tout, la Batcave était remplie d’amateurs de musique dark prêts à danser jusqu’au bout de la nuit.

Wildhoney nous a régalés de divers tubes, comme « Dance or Die » de l’artiste du même nom, « Der Amboss » de nos bien-aimées Client, « 1982 » par Miss Kittin et The Hacker ou le fantastique « Awful Day » de The Neon Judgement ou « Décharge coloniale » par Split-Second. Le public dansait et Wildhoney lui-même chantait et s’amusait, notamment lorsqu’il jouait le légendaire « Closer » de Nine Inch Nails. On espère pouvoir profiter davantage de la Batcave dans les prochaines éditions.

Agent side Grinder

Les Suédois Agent Side Grinder ont débuté leur set avec une chanson pour le moins appropriée, « In from the Cold », avant de jouer leurs meilleurs morceaux comme « Inner Noises », leur reprise de « Love at First Sight », d’Absolute Body Control, « Mag 7 » avec un long interlude instrumental magistral, « Giants Fall », qui m’a rappelé le son de The Normal, « This is Us », ou « Into The Wild », l’un des titres les plus dansants. Trop court à notre goût.

The Arch

Avec le groupe belge classique The Arch, on a enfin découvert que la meilleure place sur la scène secondaire se trouvait sur le côté gauche, où on a vraiment remarqué une amélioration du son. Le chanteur Gerd Van Geel nous a surpris par son formidable sens du spectacle. Le groupe a interprété des morceaux de leur dernier album, qu’on a acheté à l’occasion, comme « Cock Populi », dédié au bassiste du groupe Star Industry. Ils ont également joué leurs tubes « Babsi ist Tot », « Ribdancer, Eyes » et « Wide Open ». Très bien.

 Clan of Xymox

De nombreuses personnes s’étaient rassemblées pour assister à la prestation du groupe classique Clan of Xymox. Ils ont démarré avec la longue intro de « Stranger » avant de continuer avec « Your Kiss », où la voix du chanteur ne s’entendait pas toujours. On a eu droit à une sélection des meilleurs titres du groupe, comme « Jasmin and Rosso », « Louise », « Emily » et « All I ever Know », où ils se sont alors approchés de la scène voisine (la grande scène avait été divisée en deux parties), car le soundcheck de State of the Union se faisait entendre. Les musiciens de State of the Union ont dû halluciner. Malgré l’incident, Clan of Xymox a continué à enchaîner leurs tubes : « Loneliness », « She » et « Lockdown ». Un grand concert.

State of the Union

Originaire de Los Angeles, State of the Union est un groupe dont fait partie le Belge Jeremy Venganza. Outre le fait d’avoir été réprimandés par Clan of Xymox, les garçons ont eu la tâche difficile de remplacer Fields of the Nephilim. On adore leur premier album, duquel ils ont joué « Children of the Night » et « Romancing the Stone ». Dans l’ensemble, on a franchement apprécié le concert, d’autant plus qu’on avait enfin découvert où le son était le meilleur. Cependant, la fatigue commençait cruellement à se faire sentir. Malgré tout, avant de se retirer avec « Mindless », ils ont interprété une bonne poignée de chansons qui sonnent plutôt bien. Une belle fin de festival.

Wegsfeer

Lors du Sinner’s Day Special, on avait trouvé le groupe belge de reprises Wegsfeer plutôt bon, mais à ce stade du festival, on était bien trop épuisés pour les revoir. Après les avoir vus démarrer, on s’est dirigés vers la sortie, pensant que l’édition 2022 n’était pas loin.

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