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Interview : The Telescopes

par François Zappa

Dans les Telescopes de maintenant, il ne reste que peu de membres du groupe du début des années 90. Le projet de Stephen Lawrie a changé sans cesse depuis sa réactivation en 2002, à la recherche de nouveaux chemins pour la guitare électrique. Ils déverseront leur distorsion sur le W-Fest le 21 mai. À la fin de l’interview, vous trouverez la nouvelle vidéo des Telescopes, Strange Waves, qui est aussi le nom de leur nouveau 12″ limité, qui vient de sortir. 

—Au début, The Telescopes était décrit comme un groupe de shoegaze. Étiez-vous contents de faire partie de cette scène ?

—The Telescopes font partie de toutes les scènes. 

—C’est avec tristesse que, plus tôt cette année, on a appris la mort de Roky Erickson. Que trouvez-vous d’intéressant dans la musique de13th Floor Elevator ? Selon vous, en quoi a-t-elle été importante pour le son de The Telescopes ?

—Je trouve que tout ce qui touche à leur musique est fascinant. La voix de Roky m’a attiré dès ses premiers disques avec les Spades, mais les Elevators avaient un véritable groove d’où émanaient tout un tas de possibilités. Les Elevators ont plus influencé notre façon de faire que notre son.

—Pour en finir avec vos influences, vous avez dit que la découverte de la musique de Sun Ra a représenté un moment important pour vous. Était-il une influence pour votre musique free-form ?

—Non, ces penchants étaient présents dès le début. C’est naturel pour tout le monde. Lorsqu’on compose de la musique free-form, c’est bon de savoir qu’un gars venu de Saturne vous fait signe avec le drapeau de la liberté.

—Vous avez commenté que la scène noise était assez brutale. Le public vous crachait dessus et lançait des bouteilles aux groupes. Honnêtement, jamais je ne l’aurais imaginée de cette façon. Avez-vous une histoire intéressante à nous raconter de cette époque ?

—Ce n’était pas seulement la scène noise, mais les concerts underground en général dans les années 80. C’était un genre de gueule de bois perverse du punk. Un soir, un gars m’a craché dessus et m’a lancé des bouteilles toute la soirée. Ensuite, il a tenu à me dire que sa petite amie pensait que je lui ressemblais et il m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai de trop nombreuses histoires de ce genre à raconter.

—Est-ce vrai qu’Alan McGee était le manager du groupe lorsque The Telescopes étaient chez Creation ? Vous avez également dit qu’il n’aimait pas le son du groupe la première fois qu’il vous a vus jouer en live, pas vrai ?

—Oui, il a été notre manager pendant un moment. Quand il nous a vus pour la première fois, il a pensé que notre musique était intense, mais le jour suivant, il a décidé que c’était une bonne chose.

—Comment votre travail avec Füxa vous a-t-il influencé ?

—Randall venait souvent chez moi et les jours passaient sans qu’on s’en rende compte, tandis qu’on jouait tout un tas d’idées, dont certaines rappelaient le travail que j’avais fait auparavant avec les The Telescopes. Mais lui, il portait tout ça à un autre niveau. Ça m’a permis de commencer à penser ce que je voulais véritablement faire avec les Telescopes.

—Vous dites que vous avez écrit Third Wave après être sorti avec des artistes de break beat. Aimez-vous la dance/ la musique électronique ?

—Pas vraiment, c’est plus la technologie qui m’intéressait. Je préfère le côté expérimental de la musique électronique.

—La description de Bandcamp de votre quatrième album indique que vous l’avez créé en utilisant une instrumentation faite maison/improvisée. Pourriez-vous nous en dire plus ? Cet album est aussi comparé à Metal Music Machine, aimez-vous le « célèbre » album de Lou Reed ?

—J’aime le son de Metal Music Machine, mais les morceaux ne sont pas vraiment passionnants. Cependant, c’est une écoute intéressante. Je ne pense pas vraiment que le son de ces deux albums soit similaire, les structures des chansons de notre album sont vagues, mais définies. L’instrumentation est listée dans les notes de l’album, on a utilisé tout un tas de trucs inhabituels : des chaines, des ressorts de lit, du papier aluminium. On retrouve ça même dans la façon de jouer des guitares : on utilisait des objets qu’on avait trouvés pour les manipuler. Tout ce qui avait un son intéressant a trouvé sa place sur cet album.

—Pensez-vous qu’Infinite Suns est votre album le plus difficile ? Comment s’est passée la création de cet album ?

—Non, et en fait, c’est l’un de mes préférés. On l’a enregistré en live avec un seul microphone et un magnétophone avec les entrées paramétrées légèrement trop fortes. Tout était improvisé, et ensuite, on a choisi les morceaux qu’on aimait et on a tout édité ensemble.

—Votre album de 2013 est composé de deux longues chansons avec du matériel « inspiré » du premier album des Telescopes, non ? écrivez-vous votre matériel ainsi habituellement, ou bien est-ce que c’est une chose qui s’est juste produite pour cet album ?

—Harm a été en grande partie improvisé, mais j’imposais certaines choses aux musiciens 5 minutes avant l’enregistrement de chaque piste. Pour Torn, sur la face b, je leur avais dit de garder le riff de Suicide from Taste à l’esprit, mais sans le jouer. C’était l’étendue de l’inspiration du passé.

—Dans As Light Return, vous avez travaillé avec des membres de St Deluxe. En outre, par le passé, vous avez aussi travaillé avec des membres d’autres groupes. Selon vous, qui s’est le mieux adapté à votre méthode de travail ?

—Le problème n’est pas tant que les gens s’adaptent à ma méthode de travail, mais plutôt de trouver la bonne façon de travailler ensemble, qui peut dépendre de l’environnement, du temps dont on dispose, de la connexion qui existe entre nous, etc. Tout ça diffère en fonction des gens avec qui je travaille.

—La même année, vous avez également sorti Stone Tape. Avez-vous enregistré l’album vous-même ? Pensez-vous qu’il s’agisse d’une réaction à As Light Return ?

—Non, ce n’était pas une réaction, c’était simplement un album accidentel. On m’a demandé d’écrire un livre pour une maison d’édition italienne, Yard Press, qui au final, est devenu un album. Une myriade d’idées de Nouvelles chansons m’a submergé. Je voulais qu’elles sortent vite et pouvoir passer à autre chose.

—Le dernier album du groupe est Exploding Head Syndrome. Votre musique est parfois décrite comme sombre ou triste, êtes-vous d’accord avec ça ?

—La musique est ce qu’elle est. Mon rôle n’est pas de faire une critique de ma musique, c’est de la créer. Chacun a sa propre interprétation, je n’ai aucune envie d’interférer.

Je vous ai vus en live il y a quelques années à Milan et votre concert m’a réellement surpris. Il était très différent de ce que j’ai pu écouter de vos disques. Comment prévoyez-vous vos lives ?

—On travaille comme ça. On a des chansons précises en tête, mais on garde le flux. Pendant tout le temps où on est sur scène, on joue. Même si notre instrument est silencieux, on ne s’arrête pas entre les chansons, car je pense que ça brise la magie et annule l’intensité de la performance. C’est intéressant, car certaines personnes pensent que tout le set n’est en fait qu’une chanson.

—Vous avez créé le label Antenna Records et sorti quelques références. Que s’est-il passé avec ce label ? Par curiosité, quelle était la première référence ? Selon Discogs, il s’agit d’un disque d’un chanteur italien, mais il doit y avoir une erreur.

—Effectivement, Antenna n’a pas sorti de disque de chanteur italien. En ce moment le label est en pause, car je veux composer tellement d’albums avec The Telescopes. Ce n’est pas juste de m’engager à travailler avec d’autres artistes si je ne peux pas m’y consacrer à 100 %. J’ai besoin d’aide avec Antenna. Peut-être qu’un jour, quelqu’un viendra et le fera sortir de sa torpeur.

—Comment sera votre concert au W-Fest ?

—Au-delà du royaume de la vision naturelle.

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