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Interview : Kalte Nacht

par Violeta

Le nom du duo darkwave grec, Kalte Nacht, a attiré mon attention la première fois que je l’ai vu sur une note de presse du documentaire Music for Ordinary Life Machines. Quelque temps plus tard, le nom est revenu dans mon univers lorsque le groupe a signé avec le prestigieux label Cold Transmission et y est resté lorsque j’ai enfin écouté leur premier album. Et maintenant le timing est parfait : leur premier album est sortie en CD ce mois-ci et nous les verrons en live le 25 juin prochain au Sinner’s Day Summer, qui aura lieu dans la ville belge d’Ostende. 

—Pourquoi as-tu lancé le projet en 2017, Nikos ? Tu jouais dans un autre groupe avant ?

Bien sûr ! Je suis dans la musique depuis mon plus jeune âge, donc après quelques années de cours, j’ai commencé à jouer principalement de la guitare dans des groupes locaux pendant un certain temps. Vers 2017, je me suis mis au synthé pour la première fois de ma vie ! J’ai commencé à expérimenter en profondeur, en essayant d’explorer de nouveaux sons et paysages musicaux.

—Comment as-tu fait connaissance de Myrto ? Étais-tu à la recherche d’une chanteuse ?

Pour être honnête, au début, je ne pensais même pas à sortir un album, car je ne savais pas où ça allait me mener. J’ai pris mon temps, et quand j’ai senti que l’ensemble prenait une structure et une forme appropriées, ma vision musicale m’a montré la voie et j’ai fait la connaissance de Myrto, par l’intermédiaire d’un très bon ami commun qui avait écouté mes premiers morceaux en solo.

—Pourquoi avoir choisi ce nom, « Kate Nacht » (Nuit glaciale), pour le groupe ?

Je pense que c’est la combinaison de deux choses que nous adorons : les nuits et l’hiver ! Alors, quoi de mieux qu’une bonne nuit glaciale ??

—Avez-vous sorti un single avant l’album ? C’est rare de débuter avec un album complet. Combien de temps a pris la composition ?

Oui, bien sûr. Nous avons sorti la chanson « Ghost Dance » environ 9 mois avant et « Nychta Skia » environ deux semaines avant la sortie. Le processus de composition a peut-être été un peu lent, car nous avons commencé à travailler sur les chansons avec Myrto dès le début. Ça a dû nous prendre au moins une année entière de travail.

—Myrto, préfères-tu chanter en anglais ou en grec ? Cela dépend-il du morceau ?

Je suis habituée à chanter et à écrire des paroles en anglais, depuis mon plus jeune âge, mais le grec a toujours été la langue dans laquelle j’écris mes pensées, mes sentiments et mes désirs. Elle est plus proche de ma demeure, de mon cœur. Dans Kalte Nacht, la langue que nous choisissons dépend beaucoup de l’énergie de chaque morceau. Nous optons généralement pour ce qui nous vient le plus naturellement.

—Le premier album a fait sold out, ce qui est assez impressionnant de nos jours. À votre avis, pourquoi a-t-il connu un tel succès ?

—Myrto : Nous avons consacré notre temps, notre énergie et beaucoup de nous-mêmes à cet album. Dès le début, on a fait le pacte de rester fidèles à nous-mêmes.

—Nikos : Je pense que c’est parce qu’on adore la musique et celle qu’on compose. Cet amour nous a donné la liberté de créer un album honnête et de haute qualité. On ne pensait pas aux « chiffres » ou au succès qu’il pourrait avoir à l’avenir. De plus, je pense que, surtout au cours de la dernière décennie, la scène de notre genre a gagné de nombreux nouveaux fans passionnés dans le monde entier. Par conséquent, beaucoup de nouveaux groupes comme nous ont eu l’occasion d’être entendus et soutenus par le public dès leurs premiers pas.

—J’ai lu que vous étiez tous les deux fans de groupes dark grecs classiques. Nous connaissons Lefki Symphonia. Quels autres groupes pourriez-vous nous recommander ?

Cette question est vraiment très difficile, car la scène grecque est grande et compte de nombreux groupes, pas seulement récents mais aussi des années 80 et 90 ! Je vais donc recommander certaines de mes plus grandes inspirations : South of No North, Horis Perideraio, Metro Decay, Selofan, Doric et Data Fragments.

—Et comment est la scène actuelle en Grèce à l’heure actuelle ? Y a-t-il beaucoup de clubs où vous pouvez vous produire ?

La scène en Grèce est remarquable ! Ces dernières années, beaucoup d’excellents groupes sont nés et certains d’entre eux ont déjà une forte présence même en dehors de la Grèce. Et le public, bien sûr : il est en constante augmentation et est passionné par la scène. En ce qui concerne les clubs, il n’y en a pas tant que ça pour ce genre spécifique, mais je vois qu’au fil des ans, beaucoup de salles ont commencé à accueillir des groupes de notre genre et à organiser ce type de festivals et de concerts.

—Myrto, tu as dit que tu préférais le matériel analogique. Quels en sont, selon toi, les avantages ?

J’adore utiliser mes mains pour découvrir de nouvelles mélodies ou de nouveaux airs. Il y a quelque chose de très apaisant lorsque tu touches un instrument. Ça donne un tout autre sens au mix, et j’ai l’impression de participer activement. De plus, le matériel analogique est plus flexible, car tu peux improviser quand tu en as envie, et ne pas t’en tenir à des parties ou des mesures qui ne font que reproduire ta musique, comme c’est le cas pour le matériel numérique.

—Pendant le COVID, vous avez enregistré votre single Our Moments Are Answers. À votre avis, a-t-il contribué à donner de l’espoir à votre public ?

—Myrto : J’espère que c’est le cas ! En tout cas, ça l’a été pour nous ! Pendant cette période, pleine d’incertitude et de chagrin, pouvoir faire ce que nous aimions et le partager avec le monde, était déjà un espoir suffisant pour moi. Ça m’a rappelé le vrai sens de la créativité et des arts en général, et comment ils ont toujours été le moyen d’expression véritable tout en découvrant notre force et notre puissance intérieures.

—Nikos : Je pense que la musique donne généralement de l’espoir au public. Et pendant la période COVID, beaucoup de musique sortait ! Alors, j’espère carrément que notre single a aussi donné espoir à beaucoup de gens !

—Quelles sont vos sources d’inspiration pour les paroles ?

—Myrto : Tout et n’importe quoi ! D’une simple interaction quotidienne avec quelqu’un à un dialogue intérieur sur ce que je ressens ou même des peurs et des désirs collectifs dont personne ne parle.

—Nikos : Je m’inspire surtout de mes sentiments intérieurs que j’associe à la vie quotidienne et à l’interaction avec d’autres personnes, lieux, etc. : l’amour ou la haine, la lumière et l’obscurité, la vie idéale et la pensée de la mort.

—Myrto, tu as décrit la musique du groupe comme un voyage continu vers la lumière et plus proche de la vérité. C’est assez curieux d’utiliser la lumière comme symbole lorsque tu fais de la « musique dark », que voulais-tu dire dans cette phrase ?

Merci d’en parler ! Je crois que l’un des rôles les plus importants de la musique et des arts est de nous élever et de s’améliorer. Donc pour moi, être capable d’embrasser à la fois l’obscurité et en même temps, la lumière qui vit en nous est le but ultime pour devenir un être entier.

Ainsi, ce « paradoxe » de jouer continuellement avec le concept de lumière au sein de notre genre musical sombre est libérateur. Il ne faut pas cacher notre part d’ombre ni l’ignorer, car elle fait partie intégrante de nous et ce n’est qu’en reconnaissant pleinement sa valeur pour notre voyage, en se tenant côte à côte avec la lumière et la vérité, que nous pouvons évoluer en tant qu’humains, à la fois pour nous-même et pour le collectif, cet organisme vivant et respirant.

La vérité est la lumière, aussi douloureuse ou sombre qu’elle puisse être, et nous devons être capables de la reconnaître si nous voulons continuer à créer et non pas revivre ou rejouer le passé.

—Le groupe a participé à Unity, un projet visant à fournir des produits de base et des provisions aux réfugiés du centre de Moria et à donner une partie de l’argent de l’album pour aider les personnes touchées par les incendies en Grèce. D’après vous, les musiciens, en général, devraient être plus conscients de ce qui se passe dans le monde et aider les autres à être plus conscients, eux aussi ?

Bien sûr ! Je pense que chaque individu, qu’il soit musicien, artiste ou autre, devrait être conscient de son environnement. Nous faisons tous partie de la Terre, de l’environnement, de la société. Notre façon de vivre, nos options et nos actions, affecteront tôt ou tard les autres créatures qui nous entourent. Nous ne devons donc pas fermer les yeux ni nous mettre des œillères en prétendant que tout va bien. Nous devrions essayer de faire de notre mieux, en commençant par l’une des actions les plus révolutionnaires : essayer d’évoluer nous-mêmes.

—Comment décririez-vous votre contribution à un genre aussi populaire que le darkwave ?

Alors là, c’est une colle ! Je dirais que nous sommes un groupe qui éprouve un véritable amour pour ce genre musical et qui essaie toujours de faire évoluer son son avec liberté, tout en nous respectant nous-mêmes et les personnes qui nous écoutent.

—Comme vous vivez dans deux pays différents, est-il difficile de travailler ensemble ?

—Myrto : Au début, nous avons eu besoin d’un certain temps pour nous adapter, c’est sûr. Changer nos façons de communiquer ou ajuster les horaires. Mais je crois que notre volonté de continuer à grandir grâce à ce groupe est bien plus forte que n’importe quel obstacle.

Parfois, j’enregistre les voix à Londres et Nikos enregistre les synthés à Athènes, mais grâce à Internet, nous restons en contact pour tout organiser comme nous le ferions si nous étions dans la même pièce, ou presque. Les heures interminables passées dans Zoom ont aussi aidé !

—Nikos : C’était un vrai défi, surtout au début ! Mais, au fil du temps, nous avons trouvé notre mode de communication. Et bien sûr, beaucoup de voyages entre Athènes et Londres !

—J’ai lu que vous travailliez sur un nouvel album. Pourriez-vous nous avancer quelque chose à ce sujet ?

Myrto : Il va être explosif ! Nous rassemblons des idées depuis quelques années, alors maintenant qu’elles sont enfin mûres, c’est le moment idéal pour les rendre publiques et laisser les gens les adopter.

De plus, le timing est parfait pour entrer dans la famille de notre nouveau label, Cold Transmission, avec qui nous allons commencer à sortir notre nouveau matériel très bientôt et faire de belles choses ensemble à l’avenir !

—Nikos : C’est vrai. Nous travaillons actuellement sur notre nouvel album, et on a même déjà quelques nouvelles chansons et idées structurées. Avec un peu de chance, nous commencerons les enregistrements dans les prochains mois !

—Le groupe est apparu dans le documentaire Music for Ordinary Life Machines : que pouvez-vous nous en dire ?

C’est un documentaire à voir absolument, réalisé par notre ami Nikos Chantzis. Un vrai bijou, qui reflète la scène synth de notre pays, avec de superbes séquences inédites et des interviews d’artistes et de groupes des années 80 à aujourd’hui. Nous sommes vraiment heureux d’en faire partie, ça signifie beaucoup pour nous !

—Myrto, tu es actrice de doublage et tu as travaillé sur le doublage de jeux vidéo, n’est-ce pas ? Nous travaillons aussi dans ce domaine depuis longtemps. Comment t’es-tu lancée là-dedans ? Le doublage grec est-il bon ? Penses-tu que cela t’aide à chanter ?

Oui, le doublage est ma profession principale depuis quelques années. Je suis heureuse de pouvoir faire ce que j’aime pour vivre. J’ai commencé à chanter, à me produire et à interpréter à l’âge de 5 ans, alors les voix-off combinent tout ce que je suis en un mot.

J’ai commencé pour le plaisir, depuis ma chambre, avec le peu d’équipement que j’avais à l’époque, en recherchant et en apprenant tout ce que je pouvais, principalement à partir de ressources en ligne américaines et britanniques, en créant mes démos et mes profils sur des plateformes du monde entier.

Après de nombreuses auditions et e-mails, j’ai commencé à travailler avec des clients dans le monde entier, principalement en tant qu’artiste de home studio, et j’ai désormais la possibilité de doubler d’incroyables séries d’animation et des personnages que j’adorais quand j’étais enfant.

Je dirais que le chant m’a aidée à faire passer mes voix-off à un autre niveau assez rapidement, car j’avais déjà une solide technique vocale et de jeu, sans oublier le savoir-faire en matière d’équipement sonore, ce qui a certainement été un énorme avantage au début.

—Que pouvons-nous attendre de votre concert au Sinner’s Day ?

Tout d’abord, nous sommes impatients de faire partie de ce super festival, aux côtés de groupes légendaires ! Attendez-vous à beaucoup d’énergie, de sueur, de danse et à quelques nouvelles chansons de Kalte Nacht !

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