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Biotech : passionné de techno

par François Zappa

Biotech, producteur de techno originaire de Ceuta, fier de ses vingt ans d’expérience dans le difficile art de faire danser les gens, nous raconte son évolution en tant que musicien dans une interview dans laquelle sa grande passion pour le célèbre genre né à Detroit se ressent. Si vous souhaitez accompagner votre lecture avec sa musique, voici son soundcloud : https://soundcloud.com/warningbros

–Depuis que je vous connais, on vous associe à la techno. Comment cette musique est-elle arrivée à vous ? D’autant plus que Ceuta est une ville très isolée.

–Mon premier contact avec cette musique a eu lieu lors de fêtes privées qu’organisait un groupe de personnes dans un local. À cette époque (1995-1996), pendant ces fêtes, on écoutait surtout du hard-trance et de l’acid-techno. Ensuite, j’ai commencé à fréquenter des discothèques et à me rendre à des festivals en Andalousie. Depuis le début, les sons les plus obscurs et les plus contondants sont ceux qui m’ont le plus attiré l’attention. Je suppose que c’est dû à mon passé plus lié au hard rock, au grunge et aux choses de ce style. Chassez le naturel et il revient au galop.

–Pensez-vous que le fait d’avoir vécu à Ceuta a marqué de quelque façon votre carrière ou votre style ?

–Et bien, je pense que oui, complètement. Vivre à Ceuta, c’est comme, dans un certain sens, vivre sur une île. Je crois que cette mentalité d’insulaire m’a toujours marqué. Par chance, j’ai vécu pas mal d’années à Séville et à Madrid, ce qui m’a permis de développer mes goûts musicaux.

–Il y a quelques années, vous avez sorti un album, Basic Ingredients. Que pouvez-vous me dire sur ce disque ?

–Et bien, à mon sens, c’est le meilleur que j’ai fait jusqu’à présent. Les premières idées ont surgi sans que je m’en rende compte. Cependant, je les ai travaillées pendant pas mal de temps jusqu’à ce que j’obtienne un ensemble de thèmes que je pensais intéressants et qui possédaient quelque chose en commun. Je me suis surtout concentré sur la création d’une musique consacrée à l’écoute et pas tellement à la danse.

–Vous avez fait plusieurs remix. Quelle est votre approche pour réaliser un remix ?

–À mon sens, faire un remix, c’est comme se transformer en une autre personne. Normalement, j’ai l’habitude de travailler tout en MIDI en utilisant des VST. Mais, quand je remixe, je change ma méthode de travail pour manipuler l’audio, avec des samplers et des effets. Cela m’amuse assez, car je change de style et de registre.

–Que cherchez-vous à exprimer dans vos sessions ?

Je me sens au mieux quand je fais une session. Mettre de la musique qui me plaît en face de personnes disposées à danser sur cette musique est une sensation incroyable. Mon unique objectif est de faire danser sans s’arrêter.

–Vous aimez beaucoup cuisiner. Pouvez-vous faire un parallèle entre cette activité et les sessions ?

Et bien, peut-être. Quand je cuisine, je mélange une tonne d’éléments pour obtenir quelque chose de nouveau ou de différent. La cuisine, dès que j’ai assez de temps, me permet de me détendre et, surtout, j’aime savourer le résultat en compagnie de ma famille.

–Comment êtes-vous passé de Morado Intenso à Azulado Oscuro ?

–En étant assis de nombreuses heures dans le studio, hahaha.

–Comment avez-vous évolué au fil des ans ? De vos débuts hard techno, vous êtes progressivement passé à une techno plus minimale, pas vrai ?

–Oui, je suis entièrement d’accord. Avant, tout n’était que bruit et rapidité. Depuis les années 2000, j’ai commencé à m’amuser en créant une musique moins rapide et, surtout, moins bruyante. Pour moi, c’est toujours de la techno, mais beaucoup plus tranquille.

–Vous avez aussi un EP appelé Gentoozza. Vous croyez que le sens de l’humour est important dans la musique ? (note : gentooza porte sur un jeu de mot espagnol. En effet, le terme gentuza, qui se prononce de la même façon, désigne ce que nous appellerions la populace en français. D’où la question sur l’humour.)

Pour moi, l’humour est fondamental, aussi bien dans la musique que dans la vie. Je ne conçois pas qu’on puisse danser sur une musique triste.

–Richie Hawtin a joué vos thèmes à plusieurs reprises. Je suppose que c’est une grande fierté pour vous.

–Bien sûr. Hawtin est, selon moi, une référence depuis les années 1990. Son héritage est impressionnant et en tant que DJ, sa capacité à briser les frontières, surtout techniques, m’a toujours fasciné. Qu’une personne comme ça s’intéresse à ta musique est une véritable fierté.

–On voit chaque fois des personnes de plus en plus âgées dans les festivals électroniques et dans les sessions de techno. Pensez-vous que ce soit quelque chose de positif ? Voyez-vous que les jeunes sont aussi intéressés par la techno ?

–Les festivals et les discothèques sont surtout des lieux de rencontre et de célébration. Plus les personnes sont différentes, plus la scène s’enrichit. Les jeunes apprennent des plus âgés, et les plus âgés rechargent leurs batteries grâce à l’énergie des plus jeunes.

–Je suppose que vous avez entendu parler de la polémique entre Óscar Mulero et Steve Aoki. Que pensez-vous de ces DJ de EDM ?

Óscar Mulero est un artiste que je qualifie d’intouchable. Je pense que sa façon de voir et de comprendre la techno est un exemple à suivre pour tous ceux qui aiment ce monde. Steve Aoki est un simple produit commercial créé pour vendre au public de masse. Il n’a rien à voir avec notre scène.

–Quelle est votre opinion sur un événement comme le Tomorrowland ?

–Je n’aime pas ce genre d’événements aussi massifs. J’ai toujours préféré une discothèque obscure avec un bon son.

–Quels sont vos DJ préférés ? Et vos discothèques préférées ?

–Et bien, je dirais des artistes comme Alex Under, Óscar Mulero, Richie Hawtin, Mountage ou Nhitto. Chacun a sa propre façon de comprendre ce que doit être un DJ et ils correspondent à mes goûts musicaux. Pour les discothèques, je dirais l’Industrial Copera, à Grenade.

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