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Interview : Die Selektion

Die Selektion est un trio allemand d’EBM, qui avec deux disques seulement, est devenu l’un des projets les plus intéressants du genre. Célèbre pour ses concerts décapants, le groupe jouera ce samedi 9 mars à Madrid dans la salle Wurlitzer, lors d’un concert organisé par Indypendientes. Fatamorgana, nouveau projet de Patrycja Anna, chanteuse de Belgrado, ouvrira la soirée.

—Votre premier groupe s’appelait L U C △. Que pouvez-vous nous dire sur ce premier projet ?

—C’était juste un projet bruyant fait maison que Luca a créé quand il avait 15 ans. Le projet était constitué de lui, d’un ampli de guitare, de claviers cassés et de son ordinateur. Très vite, il a eu l’idée de jouer en concert avec ce projet et a demandé à 3 autres amis de participer. Après un moment, il a décidé de créer Die Selektion avec Hannes Rief et Max Rieger.

—Comment avez-vous ajouté une trompette à votre son ? Aimez-vous Tuxedomoon (ils utilisaient le saxophone, mais d’une façon similaire à la vôtre) ?

Hannes jouait de la trompette dans un orchestre depuis longtemps, et c’est l’instrument avec lequel il est le meilleur. Ça nous semblait naturel qu’il joue la trompette dans Die Selektion. On ne pensait pas vraiment à d’autres groupes ou autre. De toute façon, c’est clair qu’on aime Tuxedomoon. On a joué une version de « In a Manner of Speaking » plusieurs fois en 2011.

—Quelle est votre sélection d’EBM ? Et de darkwave ?

—On adore DAF, Nitzer Ebb, Front 242, The Klinik, Portion Control, Liaisons Dangereuses et tous les autres groupes légendaires ainsi que les nouveaux comme Visitor, Multiple Man, Sturm Café ou Klack. C’est pour ça que l’EBM a toujours eu une grosse influence sur Die Selektion. Pour être honnêtes, la darkwave n’a jamais vraiment été notre truc, et on ne comprend toujours pas pourquoi les gens essaient de nous catégoriser là-dedans.

—Comment décririez-vous votre relation avec votre label aufnahme und wiedergabe ?

—Très bonne, je dirais. C’est un grand label, on est très content d’être le deuxième groupe officiel chez eux et on a de la chance de pouvoir sortir du matériel chez eux.

—Pensez-vous que l’allemand convient mieux à certains styles, comme le vôtre ?

—On pense que chaque langue convient à tout type de musique, du moment qu’elle est utilisée d’une façon qui vous paraît juste. Pour nous, faire de la musique ne revient pas à faire plaisir aux autres. C’est un plaisir de travailler comme on le fait, et c’est pour ça qu’on le fait. Si les autres aiment, c’est encore mieux et on en est heureux.

—Pouvez-vous décrire vos concerts, comme vous jouez en duo ?

—Si la connexion entre la foule, le lieu, le son et nous est bonne, alors ça peut ressembler à une explosion de prosecco ultime et à la meilleure fête de votre vie, haha. Si cette connexion existe, vous pouvez vous attendre à des stage diving, des gens dansant avec nous sur la scène, des gens chantant avec nous et des douches de prosecco. Un bon moment où vous allez suer.

—Pouvez-vous nous en dire plus sur l’enregistrement de votre premier album ?

—On n’avait pas vraiment de processus d’enregistrement. On répétait tous les mardis, et on composait une nouvelle chanson tous les mardis. Le premier album est plus une compilation de chansons créées en 3 mois environ enregistrées rapidement.

—Quel est le but de Noire, une cassette comportant des chansons du premier album ?

—La cassette est sortie avant le LP. Après avoir sorti la cassette, on nous a demandé si on voulait aussi sortir ça sur vinyle, du coup, on a enregistré quelques morceaux en plus et on a sorti ça en guise de premier album.

—Pourquoi avoir attendu sept ans entre votre premier album et le second ? À propos du second album, pensez-vous qu’il représente un grand pas en avant en comparaison avec le premier ?

—En fait, on a attendu six ans. On voulait juste créer et développer quelque chose d’entièrement nouveau, quelque chose qui soit un pas en avant. On est très content du résultat, qui est plus mature. On sait que certaines personnes préfèrent le style du premier album, qui est plus fait maison et brut, mais on sait aussi qu’on a touché de nouvelles personnes avec le nouveau son. En parlant de tout ça, on a aussi eu un nouveau membre. Max Rieger a quitté le groupe pour poursuivre d’autres projets musicaux et Samuel Savenberg s’est joint à nous. Chacun d’entre nous était toujours aux études, avait un autre travail ou travaillait sur d’autres projets musicaux. On n’était pas pressés de finir l’album. Bref, on promet qu’on ne mettra pas six ans avant de sortir le prochain album, haha.

—Vous considérez-vous comme des gens aimant faire la fête ?

—Et bien, ne sommes-nous tous pas des « gens aimant faire la fête » quand on se trouve au bon endroit et au bon moment ? On a eu la chance d’avoir de nombreux moments fantastiques ces dernières années, donc presque tous les concerts ont commencé à ressembler à de grosses fêtes avec le public. On n’aime pas vraiment le concept de concert normal pour notre musique : ouverture des portes à 20h00, groupe sur la scène bien éclairée à 21h00. On veut jouer tard, il ne devrait pas y avoir de pause entre deux concerts, la musique devrait être continue, et pas besoin de nous voir correctement. On préfère que le public voie seulement nos silhouettes avec un stroboscope rouge ou bleu. On veut que le son et les lumières dansantes vous rendent heureux et que vous atteigniez l’extase.

—Pour votre EP de remix Deine Stimme Ist Der Ursprung Jeglicher Gewalt Remixed, vous avez travaillé avec quatre grands noms, comme Ancient Methods, Tommy Four Seven, Konstantin Sibold et Xarah Dion. Comment les avez-vous contactés et pourquoi les avoir choisis ?

—On voulait avoir 4 remix différents et 4 groupes différents l’un de l’autre et provenant de cercles différents. On connaît les 4 personnellement et on pensait juste que ce serait une excellente combinaison. On était très content du résultat, et on a pensé que tous avaient fait un excellent travail.

—Où préférez-vous faire vos tournées ? Quel est le meilleur public selon vous ?

—La Russie nous accueille toujours à bras ouverts. On adore y jouer. À part ça, n’importe quelle ville de ce monde peut être un bon public du moment qu’on se trouve avec les bonnes personnes dans la salle.

—Que pouvons-nous attendre de vous à l’avenir ? Où vous voyez-vous dans dix ans ?

—Attendez-vous à de la nouvelle musique et à des concerts par ci et par là. Dans dix ans, on se voit encore dans Die Selektion. On ne peut pas vraiment dire comment, mais on est sûrs que ce projet durera pour toujours.

François Zappa.

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