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Chronique du Club to club 2016

par François Zappa

Cinquième année que j’assiste au Club to Club et cette édition est, sans aucun doute, l’une des meilleures quant aux prestations et à l’amélioration légère du son. Cependant, elle a encore et toujours été tachée de problèmes d’organisation qui ne devraient pas exister dans un festival dont l’objectif est si élevé. Selon les responsables de l’organisation de l’événement, 45 000 personnes ont participé au festival sur cinq jours. Voici nos impressions sur les concerts du week-end :

Le vendredi, nous avons tout d’abord assisté au concert d’Anna Von Hausswolff dans la salle principale, avec 25 minutes de retard (le festival a ouvert ses portes vingt minutes plus tard que prévu). Lors de ce concert très court, d’à peine une demi-heure, Anna nous a fait vibrer au son de « Come wonder with ». Sa prestation pleine d’énergie, s’est éloignée des registres Katebushiens que nous lui connaissions dans son disque précédent. Présentant un son beaucoup plus personnel, elle a été accompagnée de Christoph Hahn, de Swans, à la Lap-Steel.

Swans a été l’un des points culminants du festival. C’était le quatrième concert de Swans auquel j’ai assisté, mais, cette fois-ci, j’ai été totalement captivé. Ils ont commencé par « The Knot », qu’ils ont joué pendant près de 40 minutes, puis ont continué avec « Screen Shot », « Cloud of Forgetting », « Cloud of unknowing » et « The man who refused to be unhappy ». En raison du retard, l’un des membres de l’organisation du festival leur faisait des signes afin qu’ils arrêtent de jouer, dans l’espoir de récupérer la demi-heure perdue avant que ne débute le set de Laurent Garnier.  Imperturbables, ils ont enchaîné avec « The glowing man » avec une énergie époustouflante, au grand dam de l’homme qui trépignait et cherchait quelqu’un pour l’aider dans son entreprise. Pour un fan, Swans est sans aucun doute le meilleur groupe de guitares du moment et Michael Gira l’homme le plus authentique sur Terre. Thor ne joue plus avec eux, mais son absence ne se ressent pas. 

Nous sommes ensuite partis en courant à la petite salle, où jouait Fatima Yamaha, jeune producteur hollandais au nom ambigu, également connu comme Bas Bron. Il a été très bien accueilli par le public qui connaissait bien ses musiques, surtout la célèbre « What’s A Girl To Do ».

Pendant ce temps, Powell très célèbre en Italie, et que j’ai eu l’occasion de voir lors de deux concerts énergiques, jouait dans la grande salle, où sa prestation a également été écourtée. Après lui, c’est Chet Faker, sous son vrai nom, qui nous a fait découvrir son set. Nous en avons profité pour manger un morceau et à notre retour, Laurent Garnier se tenait à ses côtés. J’aurais aimé que cette session hypnotique de trois heures de techno pure et dure, autre grand spectacle du festival, se prolonge encore et encore. Après lui, le duo Autechre a joué, à une heure qui ne convenait pas : à quatre heures du matin, nous étions tous très fatigués et l’obscurité totale dans laquelle se déroulait leur prestation ne nous a aidés en rien. Ils sont arrivés et s’en sont allés sans un seul mot. Quelques heures plus tôt, ils nous auraient transportés au ciel, mais c’est à l’hôtel qu’ils nous ont fait rentrer. J’avais déjà vu Andy Stott dans l’édition antérieure, par conséquent je n’ai pas dérangé de ne pas assister à sa session. Pendant ce temps, dans la petite salle, différents artistes avaient joué : Mura Masa (un producteur et une chanteuse de Dublin, vus dans un autre festival italien et qui m’ont laissé de marbre), Amnesia Scanner (qui avaient ravi mon cœur avec leur musique électronique expérimentale à un autre festival, et dont j’ai vu quelques minutes d’un concert qui allait sans aucun doute être excellent) et Koreless, autre élève assidu de ce genre de festivals italiens. J’avais pu le voir l’année antérieure, avec Powell au Robot, à Bologne : magnifique. Tous deux avaient également fait partie de l’affiche d’éditions passées de l’Electrónica en Abril, à Madrid.

Le samedi, nous avons commencé avec les Junior Boys, un concert époustouflant auquel l’unique reproche que je pourrais faire était l’absence de Birthday, l’une de mes chansons préférées. Il y avait beaucoup d’Espagnols dans la salle. Les Juniors ont joué « Double figure », « The last goodbye » ou « Kiss me all night ». De là, nous sommes allés en courant voir Junun, le projet de Johnny Greenwoord, de Radiohead, qui jouait de la basse pendant que les neuf musiciens l’accompagnaient de musique traditionnelle. Le public ne savait pas très bien que penser. Après une demie-heure de pause, DJ Shadow a fait son entrée pour un concert retraçant sa carrière, qui mettait notamment en valeur Endtroducing, célébrant ses 20 ans. Nous avons dansé au son de la nouvelle « Nobody Speak », de quelques thèmes du projet UNKLE (« Rabbit in you headlights » et « Guns Blazing », et de la mythique « Organ Donor » pour terminer. Il a utilisé le scratch, sa spécialité, et a joué de la batterie électronique. Le public était enchanté : le hip-hop est un genre qui plaît beaucoup en Italie. S’est ensuivie une session de Jon Hopkins que je n’ai guère appréciée. Le final de la fête est revenu au jeune Motor City Drum Ensemble, DJ idéal pour la fermeture d’un festival. Grâce à sa culture musicale plus qu’impressionnante, il nous a fait danser au son du funk, de house et de la disco dans un mélange frénétique, où ont prédominé les rythmes latinos et africains. Dans la petite salle, jouait Jessy Lanza, que j’avais vue au même festival quelques années auparavant, alors qu’elle présentait son premier disque (à l’époque, la salle se trouvait à un endroit différent), Daphni (assez présent sur les scènes sous son autre nom, Caribou) et M.E.S.H., présent à l’édition milanaise du festival.

Le dimanche, nous avons commencé par un concert assez long d’Istanbul Sessions, à San Salvario, un quartier de Turin qui aujourd’hui, n’est pas, pour ainsi dire, l’un des plus sûrs de la ville. C’est pour cela que la ville essaie d’y organiser des événements pour le sauver. Le dimanche, tous les concerts sur la place Madama Cristina sont gratuits pour tous ceux qui veulent s’y rendre. Nous avons vu Istanbul Sessions par hasard, car leur concert n’était pas signalé dans les horaires. Leur jazz-funk était parfait pour commencer la journée. Après cela, nous avons discuté un moment avec les Junior Boys, qui nous ont dévoilé qu’aucun concert n’était prévu en Espagne avant longtemps. Cependant, Jeremy Greespan nous a confié qu’il viendrait jouer comme il l’avait fait il y a quelques années au Matadero.

Nous avons vu la fin de la session de Lafawndah, de bonne qualité. Deuxième acte : RB Boo est arrivé, et a joué « Everybody loves the sunshine » de Roy Ayers et « Your Love » du grand Frankie Knuckles, entre autres. Ces trois heures sont passées très vite au rythme de la musique. Nombreuses étaient les personnes présentes, beaucoup plus que lors des éditions précédentes du festival. Tout le monde dansait. Sur un côté de la place, nous avons trouvé une pizzeria, d’où s’entendait parfaitement la session, endroit idéal pour dîner, sans en perdre une goutte.

Le festival s’est terminé à l’Astoria, qui, selon nous, était beaucoup trop minuscule pour le festival. La salle ressemblait à un véritable four où seul Lorenzo Senni paraissait supporter la chaleur. En outre, un artiste qui avait fermé le festival l’année passée ne devrait pas jouer dans un lieu si petit, surtout quand aucun contrôle du nombre de personnes n’est effectué. Nous avons assisté à la présentation de son nouveau disque sans pouvoir danser ni commander un verre.

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