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Interview : Varsovie

par François Zappa

L’Ombre Et La Nuit, quatrième album complet du groupe français Varsovie, était l’un de nos albums préférés de l’année dernière. Il réunissait la passion et la poésie qu’on aime tant à la musique de façon imbattable Nous avons interviewé Arnault Destal, batteur, parolier et compositeur du groupe post-punk français qu’on verra en concert dans deux semaines. Ils joueront avec quatre autres groupes fantastiques au festival belge Liège New Wave, le 17 septembre.

Arnault, tu as créé d’après toit un groupe d’avant-garde black metal appelé Forbidden Site. Tu peux nous en parler? Le black metal était-il ton premier intérêt musical ?

—Le black metal n’existait pas vraiment lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la musique. J’écoutais déjà du post-punk (Bauhaus, Joy Division, Christian Death, And Also the Trees…) et d’autres choses, en vrac, de Noir Désir aux Sisters of Mercy en passant par Slayer, avant de découvrir ce style vers 1992. J’ai toujours été attiré par les musiques sombres, froides, étranges, un peu marginales… Forbidden Site reste lié à la fin de mon adolescence. J’ai rencontré quelqu’un prêt à me rejoindre dans cette aventure alors que ce style extrême était assez neuf et n’avait pas l’ampleur actuelle. Nous nous le sommes appropriés890 en y intégrant des éléments goths, punks, classiques, ce qui faisait sonner l’ensemble de manière assez singulière – du moins à l’époque. Finalement, il ne s’agissait que de cinq petites années, très intenses, certes, mais qui restent attachées à mes premiers pas dans la vie d’adulte. Aujourd’hui, tout ça me semble loin et un peu maladroit, même si je peux parfois regretter cette ère pré-Internet où les rapports au monde de la musique et à ses articulations étaient assez différents.

—Grégory a rejoint Forbidden Site sur la fin. Vous vous connaissiez d’avant, ou tu as fait sa connaissance dans le groupe ?

—À l’origine, Greg venait à nos concerts en tant que fan et j’ai commencé à traîner avec lui à travers différents groupes de connaissances communes. À l’été 1998, nous avions besoin d’un deuxième guitariste. Nous avons passé une annonce à laquelle il a répondu immédiatement. Il était très motivé et savait tout jouer parfaitement. Nous l’avons immédiatement embarqué. À peine un an plus tard, le groupe était mort (ou pas loin), puisque l’autre co-fondateur a décidé de se lancer seul dans un projet plus mainstream et ne voulait plus entendre parler de tout ça. J’étais tellement dégoûté d’avoir, en quelque sorte, fait « tout ça pour ça » que j’ai vraiment songé à arrêter la musique, mais Greg tenait à continuer avec moi. Il a eu raison d’insister.

—Quand avez-vous créé Varsovie ? Tu peux nous en dire plus sur vos débuts ? Tu ne croyais pas vraiment au groupe, non ?

—Officiellement, Varsovie est né en 2005, lorsque nous avons tranché pour ce nom. Ce n’est pas que je ne croyais pas au groupe au départ, mais avant 2005 le groupe n’existait pas vraiment. Je refusais de m’impliquer et de me replonger dans toutes ces choses qui font qu’un groupe existe : management, booking, promo, démarches, artwork, etc. Voilà pourquoi rien ne s’est vraiment passé avant 2005. J’ai continué à jouer avec Greg (et d’autres amis) de temps à autres, enregistrant quelques trucs çà et là, mais en laissant les choses se faire, n’ayant pas la flamme nécessaire pour recommencer sérieusement un groupe à partir de zéro. J’avais certainement besoin de temps pour faire le « deuil » et croire en la possibilité d’un nouveau projet. Puis la motivation a fini par revenir et Varsovie est véritablement né. Les conditions étaient de rester dans quelque chose de sombre, mais de plus sobre, plus froid, dans la lignée du post-punk des origines. C’est ainsi que nous avons commencé à jouer dans notre ville et à enregistrer notre première démo. J’ai lancé un peu de promo, fait un site internet, développé une imagerie particulière… En 2006, nous avons enregistré notre premier EP et en 2007 nous avons commencé à jouer dans toute l’Europe. Nous voulions faire la musique que nous aimerions nous-mêmes écouter, avec l’idée que cette dernière puisse toucher d’autres personnes qui pourraient à leur tour s’en emparer et se faire leurs propres films. Nous restons fidèles à cet esprit aujourd’hui.

Arnault, personnellement, le metal ne compte pas parmi mes goûts musicaux. Je voulais te demander si le post-punk est un genre où tu peux mieux utiliser tes influences litéraires que dans le black metal ? Quand tu écris les paroles, t’y prends-tu d’une autre manière que lorsque tu faisais partie de  Forbidden Site?

—C’est différent parce que Forbidden Site était une sorte de groupe conceptuel, avec des thèmes liés au XIXe siècle et au Romantisme Noir. Le style des paroles devait être connecté à cet univers. Dans Varsovie, tous les sujets peuvent être abordés et mon écriture s’adapte en fonction du cadre. Certains textes sont très modernes, d’autres plus classiques, même si l’ensemble reste stylistiquement cohérent. En cela, nous sommes plus connectés à notre époque, à la réalité, au quotidien. De plus, la plupart des textes de mon ancien groupe ont été écrits quand j’étais adolescent (ou pas loin de l’être encore) donc les paroles ont forcément évolué.

Warsaw était le nom de la première incarnation de Joy Division. Vous avez choisi ce nom pour rendre hommage au groupe de Manchester ? Votre premier nom était Ex Cathedra, pas vrai ?

—Le nom du groupe vient d’un de nos premiers morceaux intitulé « Varsovie » qui évoquait symboliquement l’insurrection de la ville en 1944. C’était aussi un clin d’œil au Warsaw du pré-JoyDivision qui était l’une de nos influences, effectivement. Quand nous nous sommes décidés pour ce nom, j’ai senti qu’il fallait se donner les moyens d’avancer. Finalement, Ex Cathedra n’était que le nom du groupe quand le groupe n’était pas vraiment un groupe.

—On voudrait te parler de l’une de tes influences, Alain Bashung. Je ne suis pas français, alors je ne connais pas vraiment son œuvre. À ton avis, comment il a influencé Varsovie et que me recommandes-tu d’écouter ?

—Il était l’un des artistes français contemporains les plus importants selon nous, avec un superbe travail sur l’ambiance, les arrangements, l’orchestration. Les textes étaient chargés d’humour plus ou moins noir, de double sens, de vertiges en tous genres, d’images saisissantes. C’est aussi une voix unique, un personnage touchant, exigeant. Cela dit, sa carrière est longue, il n’est pas si facile de l’aborder à l’aveugle. Il y a au moins trois, voire quatre grandes périodes, avec des influences musicales diverses et des paroliers emblématiques comme Boris Bergman, Serge Gainsbourg, Jean Fauque ou Gérard Manset… D’autres encore… Je pense que le meilleur album pour découvrir Bashung est peut-être Fantaisie Militaire ou L’Imprudence pour ceux plus portés sur les atmosphères crépusculaires.

—On n’a jamais eu l’occasion de parler de la new wave polonaise. Tu as indiqué parmi tes influences des groupes comme Siekiera, datant de 1984. Qu’est-ce qui t’intéresse dans leur musique ? Leurs atmosphères ? Vous avez repris une chanson de Siekiera, non ?

—La scène post-punk polonaise était excellente – elle l’est toujours. Il y a une urgence et une énergie que l’on ne retrouve pas avec autant d’intensité ailleurs – une sincérité aussi. Nous apprécions des groupes comme 1984, Armia, Madame, Variété, Wieże Fabryk, Made in Poland et bien sûr Siekiera… Nous avons repris leur titre « Nowa Aleksandria » en 2010, mais essayer de faire exactement la même chose n’avait aucun intérêt, c’est pourquoi nous avons changé le rythme, les arrangements et inventé ce long final. C’est aussi pour ça que j’ai adapté les paroles polonaises en français pour le deuxième couplet. L’idée était d’aborder cette chanson culte de la façon la plus personnelle sans la dénaturer pour autant.

—Depuis le premier EP Neuf Millimètres, le groupe a composé des chansons sur des moments historiques, comme « Varsovie » ou « Leningrad ». Dans une interview, tu as révélé aimer affronter tes problèmes personnels à travers des moments historiques. Tu peux nous en dire plus ?

—Certains événements historiques peuvent renvoyer à des dynamiques plus singulières, plus intimes… J’aime jouer sur ces correspondances dans les paroles, confronter le quotidien à des événements plus vastes, plus universels.

—Tu as parlé de l’importance de la culture française pour le groupe. À ton avis, en quoi être Français a marqué Varsovie ?

—Le fait que nous chantions en français, principalement. Ce que l’on nous reproche parfois, comme si chanter dans sa langue maternelle était le comble de la prétention… Il est clair que le français ne coule pas de source dans le « rock », au sens large. Déjà, parce que c’est une langue beaucoup plus rigide et contraignante que l’anglais. Il y a un travail d’adaptation à effectuer autour des phrases et du rythme et toutes les lignes vocales ne sont pas possibles. Ce sont des choix à faire pour que ça sonne, mais ça reste un défi intéressant. Enfin, c’est la langue que nous manions le mieux, avec laquelle nous exprimons les émotions avec le plus de justesse. Bref, nous n’avons rien contre le chant en anglais que nous avons déjà utilisé, mais pour l’instant le français nous va. En général, nous aimons quand des groupes osent chanter dans leur propre langue, ça permet de s’extraire un peu de la standardisation totale.

—On retrouve des références à Nerval, Pavese, Mishima ou Scott Fitzgerald dans vos chansons. La littérature constitue votre influence principale pour les paroles ? La lecture t’inspire ou bien tu associes juste un certain sujet à un écrivain ?

—Je pense que c’est l’influence la plus visible, mais ce n’est pas l’influence principale. Un livre ou le parcours d’un auteur peuvent m’inspirer, mais c’est souvent un point de départ. Finalement, il est rare que je parle directement d’un écrivain, sinon dans Hôtel Roma (Pavese), La Fêlure (Fitzgerald), Leningrad (Essenine), État Civil (Rigaut) et Sunsiaré, ce qui n’est pas tant sur une cinquantaine de morceaux. Une chanson comme « L’Ombre et la Nuit » liée à Francis Giauque ne parle pas directement de lui. C’est un fantôme qui passe en arrière-plan. Ces auteurs sont parfois des éléments du paysage, des personnages que j’utilise pour fixer un état d’esprit, une saison mentale. Ils permettent d’évacuer un malaise, des frustrations, mais aussi de dessiner des décors dans le noir, d’ouvrir d’autres perspectives. C’est aussi une manière d’évoquer des personnages aux parcours singuliers et de mettre en scène des moments de tension ou de changement brutal. Le cinéma est aussi une influence, comme certains faits divers et d’autres sources hors de la sphère artistique. L’un des objectifs reste d’exorciser certains points pour soi-même et de mettre les formes pour d’éventuels récepteurs. On aime que l’auditeur puisse développer ses propres visions, son parcours, ses projections et ses fantasmes sur nos morceaux, même si l’on s’éloigne de l’idée initiale. Il y a un fil directeur, mais l’interprétation finale peut varier d’un auditeur à l’autre.

État Civil est votre premier album. Vous l’avez publié vous-même, puis quatre ans plus tard, il est sorti sur le label Those Opposed Records. Ça a été difficile de trouver un label qui voulait de ce disque ? Comment tu décrirais la scène post-punk française de l’époque ?

État Civil est sorti à l’origine sur le label français Infrastition, mais uniquement sur CD. Plus tard, Those Opposed Records nous a proposé de le presser en vinyle, en même temps que le deuxième album L’Heure et la Trajectoire. À l’époque (2005-2010), la scène post-punk était beaucoup plus restreinte ici – du moins, c’est l’impression qu’on en avait. Il était même difficile de trouver d’autres groupes post-punk avec qui partager les concerts. Nous devions souvent jouer avec des groupes de genres musicaux très éloignés, simplement parce qu’il n’y avait absolument aucun groupe dans cette veine dans les environs. Nous connaissions presque tout le monde dans la scène et avions des amis dans des groupes comme Violet Stigmata ou Eat Your Make Up… Je me souviens de nombreux concerts avec Joy Disaster, Guerre Froide, Object, Soror Dolorosa… J’en oublie… Et des événements au Klub, à Paris, avec Lionel de Manic Depression, un festival au Bataclan avec, entre autres, nos amis de Scarlet’s Remains (USA)… L’entraide était importante. Il y a aujourd’hui beaucoup plus de groupes étiquetés post-punk qu’il y a 10 ans, mais paradoxalement nous connaissons moins de monde. Peut-être sommes-nous devenus plus sauvages.

—Vos sorties sont séparées de trois ou quatre ans. Votre vie de tous les jours vous prend trop de temps ? Ou bien vous attendez juste de trouver l’inspiration ?

—Oui, c’est trop long et je hais ça. Notre studio en Bretagne n’est pas toujours disponible quand nous le souhaitons. D’autres fois, les difficultés ont été financières. Le pressage des disques peut également prendre du temps. Parfois, les labels préfèrent attendre une certaine date pour la sortie. Des problèmes de mixage peuvent arriver. Du retard peut être pris autour du design… Parfois, le Covid-19 s’invite et défonce tous les plans… Finalement, ce n’est pas tant la composition qui nous prend autant de temps – même si nous aimons avoir du recul sur nos morceaux –, mais pas mal de paramètres extérieurs combinés. Nous sommes en été 2022 et la composition du cinquième album est terminée depuis des semaines. Le studio n’est pas disponible pour le moment. Une fois disponible, il faudra espérer que tout le reste se déroule en ligne droite. Normalement, la sortie est pour 2023, mais je ne peux pas encore m’avancer sur le mois.

—Dans votre second album, L’Heure et la Trajectoire, on retrouve une chanson sur Lydia Litvak, une pilote de la Soviet Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale. On retrouve d’autres chansons également sur le sujet de la guerre, comme « Austerlitz ». Tu penses qu’on ne devrait jamais oublier ces moments du passé pour ne jamais les répéter ?

— »Austerlitz » évoque ici la gare de Paris, ses passants et son environnement, et non pas la bataille. C’est une sorte de réflexion autour de la vie urbaine contemporaine. De même, Lydia Litvak n’évoque pas directement l’aviatrice, mais quelqu’un qui se projette à travers son image d’indépendance et d’héroïsme, alors que sa propre vie semble bloquée dans une phase d’apathie et de dégoût. Effectivement, l’histoire peut avoir tendance à se répéter et il n’est jamais bon d’oublier. L’actualité immédiate le prouve jour après jour. D’ailleurs, L’Offensive, dans notre dernier album, résonne dans les grandes lignes avec la situation en Ukraine.

—“Coups et Blessures” est une référence aux coups et blessures qu’on s’inflige soi-même ? Combien de coups Varsovie a reçus ?

—Une bonne quantité je pense, mais pas encore assez pour nous mettre à terre.

—On a adoré votre dernier album, L’Ombre et la Nuit. Un véritable chef-œuvre selon moi. Comment avez-vous évolué vers cette direction et changé au cours de ces années ?

—Merci ! Je pense que nous allons un peu plus droit au but sans trop nous poser de questions. Le dernier album est certainement le plus noir de tous, mais c’est l’album que nous devions faire à ce moment-là. Le prochain pourrait être légèrement différent. Notre objectif est toujours d’écrire de bonnes chansons au moment où nous les écrivons, et surtout d’éviter la musique « fast-food » pour se plier à la mode du moment. Par ailleurs, pour la première fois, nous sommes satisfaits du son qui est presque le son dont nous rêvions depuis des années – ce qui n’est pas si facile à réaliser… Pendant tout ce temps, nous avons certainement évolué, mais nous n’avons pas tellement changé, je crois…

—La chanson « Kissa Kouprine » parle d’une mannequin des années 1920. On retrouve une certaine mélancolie du passé dans votre musique. Vous avez tendance à idéaliser ce que vous n’avez pas vécu ?

—Ce morceau évoque précisément ça. Quelqu’un qui ne vit qu’à travers l’idée d’un âge d’or révolu et ne sait plus vivre au quotidien, inapte au « bonheur », incapable d’appréhender le présent. C’est l’incapacité à saisir l’instant, quand la vie semble ne tenir qu’à une image, à un fil qui peut rompre à tout moment. Le personnage vit comme un fantôme dans les interstices de notre temps. Nous avons pu traverser cette illusion parfois, mais je pense que nous sommes vaccinés maintenant.

—Les pochettes de vos albums et les vidéos de vos chansons présentent une ambiance similaire. À quel point vous vous impliquez dans leur création ?

—Pour parler du dernier album, les visuels étaient censés être assez différents. Entre-temps je suis tombé sur les photos de l’artiste irlandaise Deborah Sheedy et j’ai été frappé par son travail qui colle parfaitement à l’esprit général. Effectivement, il est important que l’image réponde à l’atmosphère globale et j’ai toujours essayé d’y prêter attention, avec les moyens du bord, parfois, avec plus ou moins de succès, mais nous sommes très satisfaits de ce qui a été fait sur le dernier, notamment sur les clips de « Kissa Kouprine » (Deborah Sheedy) et de « L’Offensive » (The Windy Burrow). Pour le reste, je me suis débrouillé façon DIY – photos, vidéos, etc. Je n’ai pas de talent ni d’aptitude particulière dans ces domaines, mais j’essaie de faire de mon mieux pour ne pas trop ruiner l’intention initiale.

—Vous aimeriez ajouter plus de musiciens au groupe ? Ou vous pensez que vous constituez le nombre parfait ? Vous arrivez facilement à composer ensemble ?

—C’est certainement le nombre parfait pour nous, pour notre façon de travailler. Nous avons tenté avec plusieurs musiciens au début… Si les idées d’arrangements peuvent venir plus facilement, c’est très vite ingérable. Nous avons une idée très précise de notre musique et d’autres compositeurs ne feraient qu’ajouter du chaos. De plus, nous n’avons pas besoin de riffs supplémentaires, de rythmes supplémentaires ou de paroles supplémentaires, puisque tout notre travail consiste (principalement) à couper. C’est « facile » de travailler ensemble, dans le sens où nous faisons ça depuis plus de quinze ans et que tout est très cloisonné, chacun connaît ses talents, ses compétences, ce qui évite de perdre du temps à ménager la susceptibilité de chacun. Enfin, nous préférons également être deux en studio pour enregistrer nos albums. C’est un travail exigeant qui peut être stressant et nous avons eu quelques expériences peu concluantes avec d’autres musiciens. Quoi qu’il en soit, Varsovie est aussi un groupe live qui prend la forme d’un trio. Depuis l’été 2021, Gilles, de Lux Incerta, qui nous vient de Nantes, joue de la basse avec force et classe sur scène.

—Arnault, tu es critique littéraire. Ton travail a-t-il changé ta façon d’écrire ? Quand tu regardes tes textes, tu revêts ton habit de critique ?

—J’ai fait des critiques littéraires durant des années, dans différents magazines, mais je ne suis pas critique littéraire. Ce n’est pas mon travail principal, même si certaines de mes activités sont liées à l’écriture. J’ai passé plus de temps à défendre des auteurs ou des livres qui le méritaient, selon moi, qu’à descendre des ouvrages qui ne m’intéressaient pas. En cela, je ne suis pas vraiment critique littéraire, mais un touriste de la critique littéraire… Je fais ce travail à l’occasion, quand on me le demande et quand j’en ai envie. En tout cas, ça n’a pas vraiment d’influence sur ma façon d’écrire dans Varsovie, c’est autre chose, même si je trouve toujours des choses à redire quant à ce que nous faisons.

—Tu écris un roman, non ? Tu peux nous en dire plus ?

—Pas un roman, mais des nouvelles… J’en écris depuis des années. Je publie depuis peu dans des magazines et j’ai l’intention de publier un recueil dès que j’en aurai le temps, l’envie et l’opportunité. Cela reste encore un travail très différent de ce que je fais pour Varsovie, même si certains liens peuvent être faits, mes nouvelles sont plus souvent articulées autour de l’absurde.

—Quels sont les projets de Varsovie pour l’avenir ?

—Enregistrer notre cinquième album cet hiver, en espérant qu’il ne tarde pas à sortir, et faire des concerts à un « rythme normal », puisque les événements récents (pandémie, guerre…) ont annulé (ou reporté à jamais) la plupart de nos dates prévues ces derniers mois. Quelques concerts cet automne cependant : Lille, Bruges, Hambourg, Porto et bien sûr Liège. Les détails sont sur notre page FB.

—Que peut-on attendre de votre concert au Liege New Wave Festival?

—Un mélange de morceaux récents et anciens avec une certaine touche de violence.  

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